La France à l’arrêt au deuxième trimestre : l’Insee ramène le PIB à zéro
Les comptes détaillés publiés ce vendredi infirment le rebond de 0,2 % annoncé fin juillet. Le pouvoir d’achat recule, l’épargne aussi.

Vendredi 28 août, à 8 h 45, l’Insee a publié les résultats détaillés des comptes nationaux du deuxième trimestre 2026. Le produit intérieur brut en volume est stable : +0,0 %, après -0,2 % au trimestre précédent. Fin juillet, la première estimation parlait encore d’un rebond de +0,2 %. La révision, de l’ordre de 0,2 point, change le récit : il n’y a pas eu d’accélération au printemps, seulement un palier.
L’acquis de croissance pour 2026 s’établit à +0,3 %, un rythme trop mince pour parler de reprise. Reuters, qui reprend le millésime Insee, précise que le consensus d’un panel de 23 économistes tablait encore sur +0,2 %, et rappelle que la France reste la deuxième économie de la zone euro.
Ce qui tire, ce qui pèse
Le détail n’est pas plat. Les exportations rebondissent fortement (+2,9 % après -3,0 %), portées notamment par l’aéronautique, écrit l’institut. La consommation des ménages, moteur habituel, repasse en positif (+0,3 % après -0,3 %). En face, l’investissement (FBCF) recule encore (-0,3 % après -0,8 %), et les variations de stocks retranchent 0,7 point à la croissance — un contrecoup après une contribution fortement positive au premier trimestre.
Le commerce extérieur, lui, ajoute 0,6 point. Autrement dit : la France a mieux vendu à l’étranger, mais n’a pas produit davantage.
Le pouvoir d’achat recule
C’est le second signal de la note n° 212. Le pouvoir d’achat du revenu disponible brut par unité de consommation recule de 0,6 % (après -0,2 %). Les prix de la consommation accélèrent (+1,0 % après +0,6 %). Les ménages puisent dans l’épargne : le taux d’épargne tombe à 17,2 % du revenu, contre 17,9 % trois mois plus tôt.
Le taux de marge des sociétés non financières tient (31,5 %, stable). L’emploi total est décrit comme stable, les heures travaillées légèrement en baisse. Rien, dans ce tableau, n’interdit une année molle. Rien non plus n’autorise l’embellie que la première estimation avait laissée entendre.
Chiffres arrêtés par l’Insee le 28 août 2026. Ils peuvent encore être révisés lors des publications suivantes.
Sources
Synthèse originale REACTUS, rédigée le 28 août 2026 à partir des documents suivants, sans reprise de phrases protégées.
